מוסיקה: הפסיכוסוציולוגיה של תופעות דרום נינגונו

[Social_share_button]

Après avoir fait, il y a 24 heures, un sondage dXCHARXopinion sur ma page Facebook au sujet de la rédaction ou non dXCHARXune chronique sociale sur Nyangono du Sud, plus de 200 commentaires on été enregistrés jusquXCHARXà ce matin au rang desquels figurent 42 avis favorables et 17 opinions défavorables, les autres ne basculant que dans des interprétations stéréotypées visant à flinguer et à marquer lXCHARXartiste.

Ce nXCHARXest, dXCHARXailleurs, pas la première fois que nous nous livrons à ce type dXCHARXexercice de décryptage de la scénographie musicale des artistes-musiciens locaux. Par le passé, nous avions travaillé sur le thème: XCHARXLa recrudescence des musiques obscènes au Cameroun: et Si Mono Ndjana était XCHARXmortXCHARXXCHARXXCHARX. Nous avions, à lXCHARXépoque, exposé à lXCHARXInstitut français de Yaoundé en compagnie des universitaires, tels que Gervais Mendo Ze, Linguiste, Hubert Mono Ndjana, Philosophe, Pulchérie Etoundi, artiste-musicienne et François Bingono Bingono, Anthropologue et chroniqueur culturel. Conférence fort courue. Nous étions en octobre 2012. Alors, que les opinions soient positives ou négatives, il est impératif de continuer à faire cet exercice intellectuel afin de chercher à savoir quelle est lXCHARXintentionnalité qui régit la production artistico-culturelle des praticiens de lXCHARXart musical. Nyangono du Sud est, spécifiquement, un phénomène que des théoriciens des sciences sociales peuvent également tenter de comprendre ou, du moins, de psychanalyser, en focalisant lXCHARXattention sur sept déterminants:

1. le message;
XCHARX2. le public ou la foule de mélomanes consommateurs de ses morceaux;
XCHARX3. le style vestimentaire de lXCHARXhomme;
XCHARX4. le genre musical;
XCHARX5. les néologismes utilisés;
XCHARX6. le pas de danse;
XCHARX7. le récit de vie et la trajectoire.

En jetant un regard holistique sur les différentes composantes de lXCHARXart musical de cet artiste-musicien, il apparaît que Nyangono du Sud est à son 2ème album. Le titre phare du premier album est XCHARXbébé saoulardXCHARX alors que le second est pourvu des titres connus de tous, en lXCHARXoccurrence XCHARXça a commencéXCHARX, “Tu dors ta vie dort”, XCHARXMinga ma dingXCHARX(La femme que jXCHARXaime). Le message qui est véhiculé dans le titre du 1er album XCHARXBébé saoulardXCHARX consiste à persifler les tares sociétales liées à lXCHARXalcoolisme, au tabagisme et à la toxicomanie. Ceci se vérifie à lXCHARXaune des extraits de ce titre: XCHARXTu fumes tu boisXCHARX tu saoules et tu bagarresXCHARX alcoolique bébé ooo alcoolique bébé oooXCHARX. XCHARXQuand il sont saouls, ils font lXCHARXamour sans préservatif et les filles contractent les grossessesXCHARXXCHARX. Dans le 2ème album, il apparaît que les titres XCHARXTu dors ta vie dortXCHARX et XCHARXça a commencéXCHARX présentent, quasiment, la même architecture textuelle se traduisant par un message similaire lié à lXCHARXexhortation des jeunesses du pouvoir à ne pas succomber à la paresse, à lXCHARXoisiveté, à lXCHARXalcoolisme et au tabagisme. Quand Nyangono du Sud dit, dans le morceau XCHARXTu dors ta vie dortXCHARX: XCHARXMes enfants vous êtes lXCHARXespoir de demain. La nation compte sur vousXCHARX. Ou encore XCHARX...Il faut se lever tôt, il faut respecter tes parents. Si tu bois trop, tu ne pourras pas étudier tes leçons. Pour réussir dans ta vie, respecte tes parents!” “…Jeunesse africaine, jeunesse camerounaise, jeunesse de mon village, respectez vos parents!” Au-delà de l’encouragement des catégories juvéniles à ne pas sombrer dans la fainéantise, il y a le respect des agents socialisants que sont les parents. A la différence, dans le titre “Minga ma ding”(La femme que j’aime), Nyangono du Sud scande l’hymne de la valorisation de la femme. L’auteur exalte, d’ailleurs, les formes proéminentes du sexe féminin pourvu d’une poitrine et d’un postérieur exubérants susceptibles d’aguicher les partenaires masculins. Quand l’auteur raconte: “J’aime les femmes parce que toutes les femmes sont belles. Depuis que j’ai vu tes lolos (seins), je me suis intéressé à toi, s’adressant à la femme qu’il aime dans cette littérature musicale imagée, voire imaginaire. “… Je demande aux jaloux d’enlever leurs yeux, car elle m’appartient, c’est mon dossier…”. Nyangono s’enlise, à ce propos, dans une obsession possessive et jallouse tant personne ne doit convoiter l’être femme qu’il aime ou mieux l’être femme dont il est extrêmement amoureux.

Mais, ce qui est préjudiciable, dans ce morceau, c’est l’évocation, à trois reprises, du terme “trou barbu”, dont il établit, consciemment, une corrélation avec une autre phrase rustre du genre “ça entre comme ça entre”. En réalité, au message central de l’amour voué à la femme qu’il aime, Nyangono subordonne l’avilissement de cette dernière au point où il décrit son organe génital en faisant, de manière sarcastique et lyrique, allusion au “trou barbu”. L’on n’est donc pas loin du champ lexical de la sexualité et de l’érotisme. Il y a, à ce giron, un léger basculement de l’homme dans la perversité, qui se traduit par cette phrase qu’il répète vers la fin du morceau: “Si elle ne crie pas, ne lève pas! Attaque-la à fond jusqu’au matin si elle veut”. Ne pas lever quoi? Le “tomawak”, le “Ntumadjoé”, le “bâton sexuel” ou l’organe génital. La subtilité de Nyangono, à ce niveau, c’est qu’il glisse cette phrase vers la fin de la chanson afin que les mélomanes, englués dans l’ambiance, dans la jactance, dans la jouissance et dans la tonitruance, ne se rendent pas compte de cette navigation dans l’érotisme. Mais, en suivant, méticuleusement, ces morceaux, il en fait écho.

Le genre musical de Nyangono du Sud, ici, ne peut véritablement pas être spécifié quand nous suivons l’agencement des sons désagréables à l’oreille. S’agit-il du Bikutsi ou du Makossa? En fait, en étudiant sa trajectoire dans son récit de vie, nous nous sommes rendu compte que cet artiste-musicien fait dans la comédie musicale. En effet, Nyangono est, au départ, comédien. L’animateur Bernardo de la Crtv-télé, présentateur attitré de l’émission “Le défi” sur cette chaîne de télévision nationale, avait raconté, il y a plusieurs mois à l’émission “Cameroun feeling” de Eric Christian Nya, que l’auteur de “ça a commencé” fut, pendant des années, la mascotte de son émission. Nyangono y avait un rôle comique et était devenu l’artiste préféré des jeunes scolaires qui participaient, massivement, à cette émission éthique, didactique et pédagogique destinée à la socialisation de cette catégorie sociale. Bernado affirmait, dans la même veine, que Nyangono est un personnage multidimensionnel tant il est chanteur, comédien et entrepreneur économique. La fait que cet artiste soit adulé, aujourd’hui, par un public essentiellement juvénile ne naît pas ex-nihilo puisque le point de départ est la collaboration de ce fils natif du Sud à l’émission “Le défi”. Programme où il a été qualifié de mascotte. Lorsque l’on voit donc des foules de personnes fredonner et danser au rythme des morceaux de Nyangono, lorsque l’on voit comment des catégories juvéniles l’acclamer dans les rues, dans les lieux de concerts, dans les marchés comme au marché central, où il a un établissement commercial, lorsque l’on voit comment il draine des foules ces derniers mois comme sur le site de Promote au palais des congrès de Yaoundé, d’aucuns se posent la question de savoir s’il s’agit d’un public moqueur ou, a contrario, d’un public adhérent. En réalité, autant il y a les laudateurs autant il y a les flingueurs. D’ailleurs, l’ambivalence de la vie sociétale traduit la coexistence du bon et du mauvais, de l’honorable et de l’exécrable, bref du positif et du négatif. Il y a donc ceux qui apprécient Nyangono du Sud et d’autres qui le déprécient, l’intriguent et le tournent en ridicule, voire en dérision. Il y a, par corollaire, un public sarcastique enclin aux railleries acerbes et un public adhérent porté à l’apprécier positivement malgré le caractère médiocre de l’art musical que d’aucuns tendent à sublimer. Nous sommes, ici, dans la valorisation de la médiocrité musicale, laquelle est érigée en norme et en règle d’usage établies. Pourtant, musicalement parlant, il n’y a pas une originalité, une singularité et une créativité en bonne et due forme. Psychosocialement, la foule, qui ne réfléchit pas et qui est, par essence, émotive, affective et passionnelle, succombe à une espèce de délire, voire de transe collective matérialisée par les cris hystériques des masses sur le site du spectacle.

Quand nous abordons alors le palier du pas de danse de l’artiste, il l’appelle “Foup fap”, dont le sens est difficilement explicable par l’auteur. Bien d’animateurs lui ont déjà demandé ce que signifie ce néologisme, il se limite juste à dire que c’est un pas de danse. Ce pas de danse est, de temps en temps, théâtralisé de manière extravaguante et concupiscente par ses danseuses sur scène. Toute chose qui témoigne de la trivialité et des aspérités de certaines parties de ses vidéogrammes, lesquels bénéficient des dizaines de milliers de vues. Soit! Cet aspect nous incline, dans le même sillage, à s’intéresser à une fourchette de néologismes: “Arrangemento”, “wayayouille”, “on the mix”et “Foup fap”. Ces néologismes sont, singulièrement, agencés dans une combinaison, mieux dans une scénographie musicale, dont l’auteur détient, lui seul, le secret, et dont il connaît, lui-même, les tenants et les aboutissants. Le style vestimentaire qu’il affectionne est celui assimilable à un appareillage des tenues des forces de défense au point où il est, souvent, qualifié de “Général”.

Au demeurant, le phénomène Nyangono du Sud permet de constater que cet artiste-musicien atypique fait dans l’art pour soi forçant tantôt de l’admiration, tantôt de l’aversion, tantôt de la détente. L’auteur, qui fait foule contre toute attente, participe à animer la galerie, à, dé-stresser les catégories populaires et à susciter, en même temps, une sorte d’euphorie collective et une espèce de dysphorie collective. Preuve de l’ambivalence, voire du manichéisme et de la versatilité du bas-peuple, qui peut t’aduler à certains moments et te dévaloriser à d’autres instants.

Il y a, dans le style de Nyangono, une sorte dXCHARXinspiration artistique, comique et insolite observée, dXCHARXailleurs, parmi les membres de la communauté juvénile, qui accordent une onction à la grivoiserie musicale. Toute chose incitant plus dXCHARXun à postuler lXCHARXargument suivant lequel la médiocrité a été érigée en norme sociale. CXCHARXest ce que Hubert Mono Ndjana, Philosophe analyste des chansons de Sodome et Gomorrhe depuis 1991, nomme XCHARXla normalisation de lXCHARXécart et lXCHARXécart de la normeXCHARX. LXCHARXinterdit est transformé en permis; lXCHARXanti-norme devient la norme et lXCHARXanti-modèle se mue, sans coup férir dans cet environnement anomique, en modèle. Ah si jeunesse savait si vieillesse pouvait!

כתבה מאת סרג 'איימי ביקואי

ליהנות מסד נתונים של יותר מ 2 2 000 מבקרים ו:

הגדל את החשיפה שלך ארצית ובעולם

הפעל את מסעות הפרסום שלך באינטרנט, רשת התקשורת הגדולה ביותר

שפר את העסק שלך

פרסם את המודעות שלך מ- 5 000 FCFA

קשר: 000 237 698 11 70 14 672 47 11 29 XNUMX XNUMX XNUMX XNUMX XNUMX XNUMX XNUMX

דואר: contact@lewouri.info

מאמר מוסיקה: הפסיכוסוציולוגיה של תופעות דרום נינגונו הופיע ראשון Lewouri.info - מבט אלטרנטיבי בקמרון.

קרא עוד כאן